Le 12 mars 2026, la Geneva Peacebuilding Platform, le DCAF - Geneva Centre for Security Sector Governance, la Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONUG, Principles for Peace (P4P) et le Centre on Conflict, Development & ; Peacebuilding (CCDP) de l'Institut universitaire de hautes études de Genève ont organisé une séance d'information sur les récents développements militaires au Moyen-Orient à la Maison de la Paix à Genève. L'événement a réuni des membres de la communauté genevoise de la promotion de la paix pour examiner l'évolution rapide de la situation régionale et ses implications plus larges.
Les intervenants ont discuté de l'intensification de la confrontation au Moyen-Orient depuis le 28 février, notant que l'escalade actuelle reflète des tensions de longue date qui se sont développées au fil des décennies. Au-delà de la dimension militaire, les intervenants ont souligné l'importance croissante du front économique, les perturbations des routes de l'énergie et des flux commerciaux étant susceptibles d'affecter les marchés mondiaux et d'entraîner une hausse des prix de l'énergie et des denrées alimentaires.
La crise révèle également une évolution de la dynamique géopolitique. Les acteurs internationaux entretiennent des relations complexes dans la région, tandis que les États européens en particulier doivent trouver un équilibre entre la non-belligérance et la protection de leurs intérêts stratégiques et économiques.
La séance d'information a mis en évidence la façon dont les récents développements illustrent les changements importants survenus dans la conduite de la guerre. L'ampleur et la rapidité du ciblage observées dans les premiers jours de l'escalade reflètent le rôle croissant des technologies émergentes, notamment les drones et les systèmes de ciblage avancés.
Les participants ont noté que ces développements remettent en question les hypothèses traditionnelles sur la puissance militaire. Malgré d'importants investissements en matière de défense dans la région, des technologies relativement peu coûteuses s'avèrent capables de perturber des systèmes de sécurité onéreux, ce qui soulève des questions quant à la durabilité des modèles de dissuasion existants.
Les intervenants ont également réfléchi au contexte diplomatique entourant la crise, notant que l'affaiblissement des cadres diplomatiques a compliqué les efforts visant à prévenir l'escalade. L'effondrement des accords précédents et la présence persistante d'options militaires parallèlement aux négociations ont contribué à diminuer la confiance dans les processus diplomatiques. Ils ont également mis en lumière l'éventail des initiatives de médiation en cours, tout en soulignant l'importance d'explorer et de renforcer les efforts potentiels futurs qui pourraient aider à reconstruire le dialogue, à restaurer la confiance entre les parties et à créer des conditions plus propices à une résolution durable et inclusive de la crise.
Des inquiétudes ont également été soulevées quant à l'application sélective du droit international, qui risque de saper les cadres normatifs qui soutiennent la médiation et la résolution des conflits.
Malgré ces défis, les participants ont souligné l'importance continue de la diplomatie et du dialogue. La communauté genevoise de la promotion de la paix a été encouragée à maintenir des espaces d'échange, à entretenir des relations avec les acteurs de la région et à proposer des idées susceptibles de soutenir les efforts diplomatiques futurs.
La discussion s'est conclue en soulignant que la stabilité durable dans la région nécessitera en fin de compte des solutions politiques qui s'attaquent aux moteurs sous-jacents du conflit et renforcent l'engagement international fondé sur des principes.